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Malika Ameur tisse son univers au point d’équilibre entre mémoire et modernité.

Héritière des  savoir-faire transmis à Spilimbergo, elle cultive la précision et l’exigence d’un art millénaire, tout  en l’ouvrant à une écriture contemporaine, sensible et audacieuse. 

Portrait

Au cœur de son travail, la matière parle. Terre cuite, marbre, pierre, galets, émaux de Venise, pâte  de verre, tesselles d’or, ardoise, coquillages, métal ou bois deviennent des éclats de récits, des  fragments de paysages intérieurs. Elle les approche avec lenteur, les taille avec attention, les  assemble comme on compose une partition. Chaque tesselle trouve sa place dans une respiration  patiente, où le temps n’est plus contrainte mais allié. La mosaïque redevient alors un art du soin, un  art du détail, un art de la présence. 

Guidée par la nature et par l’écoute du sensible, Malika Ameur façonne des œuvres traversées par la  lumière et le silence. Ses compositions oscillent entre abstraction et évocation, entre dialogue des  matières et échos intimes. Elle célèbre les aspérités, les failles, les éclats imprévus, révélant la  beauté fragile de la matière brute et donnant naissance à des surfaces vibrantes, propices à la  contemplation. 

Sa pratique s’inscrit également dans une conscience écologique assumée. En intégrant des  matériaux récupérés ou détournés, elle transforme l’oubli en renaissance. Chaque fragment sauvé  devient geste de transmission, chaque œuvre une manière d’habiter le monde avec délicatesse et  responsabilité. 

À travers ses créations, le passé et le présent se rencontrent et se répondent.

La tradition devient  source d’élan, la lenteur un espace de liberté. Dans cet entre-deux fécond, la mosaïque s’affirme  comme un langage vivant, où la matière, patiemment assemblée, révèle sa puissance poétique.

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